Endométriose : 95 % des étudiants en kiné jugent leur formation initiale insuffisante. Et vous, vous sentez-vous prêt·e ?
L’endométriose touche une femme sur dix en France, et le kinésithérapeute a un rôle à jouer dans sa prise en soin. Une étude quantitative récente a interrogé des étudiants et des praticiens pour savoir si la formation initiale prépare vraiment à accompagner ces patientes. Voici ce qu’elle montre, ce qu’elle ne dit pas, et ce que cela peut changer pour votre pratique.
L’étude en résumé, point par point
Le contexte
- L’endométriose touche une femme sur dix en France. La pathologie est chronique et reste sous-diagnostiquée.
- Ses nombreux symptômes pèsent sur la qualité de vie des femmes.
- Le masseur-kinésithérapeute a un rôle dans la prise en soin, grâce à différents moyens de rééducation.
La question posée
La formation initiale des masseurs-kinésithérapeutes est-elle suffisante pour prendre en soin ces patientes ?
La méthode
- Étude quantitative, conduite selon les recommandations STROBE.
- Deux auto-questionnaires, construits avec FRAMAFORMS® :
- un pour les kinés en exercice, diplômés en France : déterminants sociaux, connaissances, bilan et rééducation, formation, stratégie nationale ;
- un pour les étudiants en kiné en France : déterminants sociaux, connaissances, formation initiale.
- Diffusion par les réseaux sociaux et par mail.
Les résultats
- 623 questionnaires analysés : 523 étudiants et 100 praticiens.
- Les praticiens exercent en moyenne depuis 14,2 ans. Parmi les étudiants, 30 % sont en quatrième année.
- 95 % des étudiants estiment leur formation initiale insuffisante pour cette prise en soin.
- 92 % n’ont reçu aucun cours sur le sujet, alors que 97 % le jugent pertinent et 96 % intéressant.
- 44 % des kinés considèrent que le kinésithérapeute n’est pas formé à cette prise en soin.
- 100 % des praticiens ayant suivi une formation complémentaire jugent leur prise en soin efficiente.
La conclusion des auteurs
- La formation initiale ne suffit pas pour prendre en soin les femmes atteintes d’endométriose.
- Il faudrait déterminer quelles notions aborder en formation initiale, et envisager des cours optionnels dans les instituts.
- L’objectif est d’ouvrir des pistes pour un meilleur parcours de soin des patientes.
Vos questions de pratique
Est-ce vraiment mon rôle de prendre en soin l’endométriose ?
Oui, selon l’étude : le kinésithérapeute a un rôle dans la prise en soin, notamment à travers différents moyens de rééducation. Le programme de formation SSK précise que cette prise en soin est pluriprofessionnelle et que le kiné y a toute sa place.
Je ne me sens pas formé·e : suis-je un cas isolé ?
Non. 44 % des kinés interrogés estiment que la profession n’est pas formée à cette prise en soin, et 95 % des étudiants jugent leur formation initiale insuffisante.
Les étudiants n’ont-ils vraiment aucun cours ?
Dans l’échantillon, 92 % n’en avaient pas reçu. Les étudiants sont pourtant 97 % à trouver le sujet pertinent, ce qui montre une demande réelle.
Une formation complémentaire change-t-elle quelque chose ?
Tous les praticiens formés (100 %) jugent leur prise en soin efficiente. Attention, il s’agit d’une perception déclarée, pas d’un résultat clinique mesuré.
Chiffres et preuves à retenir
- Prévalence en France : 1 femme sur 10
- Questionnaires analysés : 623
- Dont étudiants / praticiens : 523 / 100
- Ancienneté moyenne des praticiens : 14,2 ans
- Étudiants en 4ᵉ année : 30 %
- Étudiants jugeant la formation initiale insuffisante : 95 %
- Étudiants sans aucun cours sur le sujet : 92 %
- Étudiants jugeant des cours pertinents / intéressants : 97 % / 96 %
- Kinés estimant que la profession n’est pas formée : 44 %
- Praticiens formés jugeant leur prise en soin efficiente : 100 %
Niveau de preuve : ce qu’il faut garder en tête
- C’est une étude quantitative d’observation, fondée sur des auto-questionnaires. Elle mesure des perceptions déclarées, pas des résultats cliniques.
- Les questionnaires ont circulé par les réseaux sociaux et par mail. Les répondants se sont donc probablement portés volontaires, ce qui peut les rendre plus sensibles au sujet que l’ensemble de la profession (hypothèse de ma part, le résumé ne le précise pas).
- L’échantillon de praticiens est modeste (100). Le chiffre de 100 % de satisfaction après formation complémentaire doit se lire avec cette réserve.
- L’étude a suivi les recommandations STROBE, qui encadrent le compte rendu des études d’observation.
SSK Formation propose la formation « Endométriose et kinésithérapie »
Pour répondre à ce besoin de formation, SSK Formation propose un cursus de 3 jours animé par Elisabeth Perrin, kinésithérapeute et formatrice spécialiste en périnatalité. Vous y apprenez à :
- comprendre la maladie et son retentissement sur la vie des patientes ;
- repérer les signes évocateurs et orienter vers un diagnostic ;
- réaliser un bilan et établir un BDK adapté à la patiente ;
- soulager la douleur, en phase aiguë comme à distance des crises : respiration, relaxation, postures, étirements, massages, yoga et Pilates ;
- prendre en charge les troubles pelvi-périnéaux, dont les dyspareunies ;
- conseiller sur l’hygiène de vie et l’alimentation anti-inflammatoire, et orienter vers d’autres approches ;
- rendre la patiente actrice de sa prise en soin.
Source
- Titre : Endométriose : les masseurs-kinésithérapeutes formés pour la prise en soins ? Étude quantitative chez les étudiants et professionnels
- Auteurs : Océane Benard, Marie-Pierre Tavolacci
- Revue / année : Kinésithérapie, la Revue, March 2025, article publié dans Elsevier
- Lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1779012325000658