Le Yoga : Un Outil Thérapeutique sous-estimé ? Un Kiné Décrypte ses Bienfaits
Le Yoga est-il Bon pour la Santé ?
Spoiler : Oui ! (Mais Seulement s’il est Bien Enseigné et Adapté). Joseph Gourcy, formateur SSK, vous explique pourquoi !
Résumé de l’article
Le Yoga présente de nombreux bienfaits pour la santé, notamment en prévention et en accompagnement thérapeutique. Il contribue à améliorer la mobilité articulaire, la force et la résistance musculaire, ainsi que l’extensibilité et l’élasticité des tissus.
Les exercices respiratoires (pranayama) optimisent les capacités ventilatoires et cardiaques, tandis que les enchaînements dynamiques (karana) stimulent la circulation sanguine et aident à réguler la tension artérielle. Le Yoga agit également sur la digestion et la coordination neuro-motrice, tout en renforçant l’équilibre et la proprioception.
Sur le plan mental, la pratique du Yoga améliore la concentration, réduit le stress et favorise un meilleur sommeil grâce aux techniques de relaxation et de méditation. Il est aussi un outil efficace contre les troubles musculo-squelettiques, les lombalgies, les chutes chez les personnes âgées et les déséquilibres posturaux.
Enfin, le Yoga peut être intégré dans une stratégie thérapeutique pour accompagner les patients souffrant de diverses pathologies (Parkinson, lombalgies chroniques, troubles cardio-vasculaires, fibromyalgie, etc.), en complément d’un suivi médical adapté.
Que ce soit pour la prévention ou comme soutien thérapeutique, le Yoga se révèle être un allié précieux pour la santé physique et mentale, à condition qu’il soit pratiqué avec une bonne guidance.
Article Original
1. Il rentre complètement dans le champ de la prévention en Santé!
Le Yoga, par ses mouvements doux et contrôlés permet un entretien de ses mobilités articulaires, en particulier du rachis, des hanches et des épaules, articulations souvent en restriction de mobilité.
Par ses postures toniques (asana) il permet un entretien et un accroissement de la force et de la résistance musculaire, en particulier des muscles profonds du rachis, des membres inférieurs et des abdominaux.
Par ses postures d’étirement, il améliore l’extensibilité musculaire et l’élasticité du tissu conjonctif, permettant notamment de réduire les tensions musculaires, d’améliorer la vascularisation tissulaire et surtout d’harmoniser la posture en régulant la tonicité globale des chaines musculaires.
Par ses exercices respiratoires multiples (pranayama) il permet un développement des capacités ventilatoires (mobilités thoraciques, volumes pulmonaires, coordination et efficience des muscles respiratoires, relâchement du diaphragme…) et des capacités respiratoires (amélioration de la ventilation alvéolaire, réduction de la fréquence respiratoire de repos,
adaptations aux variations de pH sanguin…).
Grâce à ses enchaînements dynamiques (karana), il stimule les fonctions cardiaques (effort physique, adaptation du débit cardiaque…) et vasculaires (adaptation aux changements de position, stimulation des mécanismes de régulation de la tension artérielle et amélioration du retour veineux par les postures inversées et les exercices du souffle). Il est particulièrement indiqué, grâce à ses exercices proches de la cohérence cardiaque, pour réduire le stress et la
l’hypertension artérielle.
De par ses principes d’hygiène alimentaire et ses postures de mobilisation abdominale, il stimule les fonctions digestives (travail mécanique viscéral, respiration abdominodiaphragmatique et hypopressive et stimulation du système nerveux parasympathique).
Par ses mouvements précis et complexes, il développe la coordination neuro-motrice (précision gestuelle, coordination geste/souffle, alternances droite/gauche…).
Par ses nombreuses postures d’équilibre, variées et progressives, il permet de développer ses fonctions d’équilibration, et de proprioception (appuis bipodal/unipodal, déséquilibres gestuels, coordination oculo-cervicale, fermeture des yeux, travail de la sensibilité plantaire et stimulation vestibulaire…).
En travaillant sur le ressenti corporel et l’ajustement postural, il améliore considérablement le schéma corporel (motricité fine et sensibilité profonde). Il améliore également le rapport au temps et à l’espace (répétitions et comptages dans les exercices, déplacements et orientation dans l’espace).
Par ses enchainements complexes et par l’attention permanente qu’il demande, le Yoga entretien et stimule les capacités mnésiques (processus de mémorisation et développement des capacités de concentration).
Par les techniques de relaxation (yoga nidra) et de méditation (dhyana) il permet un une stimulation du système nerveux parasympathique, une amélioration de l’endormissement (activité physique douce, régulation du système nerveux végétatif, réduction de l’agitation mentale) et un apprentissage de ses capacités de gestion du stress (relaxation, cohérence
cardiaque…).
En mettant en avant la douceur et le respect du corps il permet une écoute, une valorisation et meilleure connaissance de Soi (apprentissage des mouvements physiologiques, travail de recentrage, mise en place d’un geste conscient et d’une bienveillance dans l’utilisation du corps…).
2. Le Yoga peut aider à réduire l’apparition de problèmes de santé couramment rencontrés au travail ou dans la sphère privée, comme par exemple :
L’apparition des troubles musculo-squelettiques, par le ré-apprentissage d’un « geste juste » (voies de passage dans l’élévation des membres supérieurs, ré-apprentissage des stratégies d’abaissement et de relevé du sol physiologique…).
L’apparition des lombalgies, dont les causes sont multiples : déconditionnement musculaire, usure discale, arthrose, raideur tissulaire, sédentarité, stress… et ce par le travail des mobilités et de la conscience de l’axe rachidien, le renforcement musculaire para-vertébral et abdominal profond, les assouplissement du train porteur et le retour à la mobilité lombaire.
Le Yoga est notamment excellent pour travailler sur l’ergonomie rachidienne (apprentissage des mouvements physiologiques du bassin et du rachis, apprentissage du port de charge : abaissement et relevé du sol, verrouillage lombo-pelvien, stabilisation du rachis et répartition correcte des pressions abdominales et pelviennes).
L’apparition des chutes chez la personne âgée (entretien des fonctions vestibulaires, de la coordination oculo-cervicale, de la sensibilité plantaire et du sens kinesthésique et proprioceptif).
L’apparition des troubles posturaux et périnéaux (fuites urinaires, déconditionnement périnéal, mauvaise gestion des pressions abdominales), en accompagnement d’une rééducation en pelvi-périnéologie.
Dans le cadre professionnel, la pratique du Yoga permet de se préparer ou de récupérer d’un effort au travail : gymnastique de prise de poste, d’échauffement (mouvements préparatoires à l’activité professionnelle ou sportive) et également gymnastique de sortie d’activité physique, de récupération (étirements, harmonisation du tonus musculaire, relaxation…).
3. Le Yoga peut entrer dans le cadre d’une stratégie thérapeutique menée après un bilan chez, et avec un professionnel de santé, professionnel du mouvement.
Il peut donc être utilisé par votre kinésithérapeute formé au Yoga thérapeutique pour vous aider à :
- Lutter contre la kinésiophobie (peur du mouvement) par des mouvements adaptés et progressifs pour retrouver le plaisir de bouger (jubilation motrice, essentielle à la santé corporelle et mentale).
- À mieux appréhender et gérer la douleur (respirations, méditations, relaxations, libération d’endorphines liée au mouvement…).
- Vous accompagner dans votre prise en charge, en améliorant l’autonomie et en réduisant la fréquence des soins passifs par une auto-prise en charge supervisée (postures à réaliser chez soi, après vérification de votre professionnel, sous forme d’une prescription posturale et d’exercices adaptés à votre pathologie et à vos possibilités physiques).
Des études ont notamment montré son intérêt dans la prise en charge :
- de la maladie de Parkinson, en améliorant significativement la qualité de vie,
- des lombalgies chroniques,
- des scolioses idiopathiques,
- des pathologies cardio-vasculaires,
- des troubles de la fonction rénale,
- de la BPCO (broncho-pneumopathie-chronique obstructive),
- de l’asthme,
- des altérations de la fonction immunitaire,
- des douleurs chroniques,
- des douleurs de fibromyalgie,
- des troubles dépressifs,
- du stress et du risque de burn-out.
Alors, que vous soyez en bonne santé, patients ou professionnels de Santé, il est peut être temps de vous intéresser au Yoga!
Auteur :
Gourcy Joseph
Masseur kinésithérapeute D.E.
Prévention en kinésithérapie et santé au travail
Enseignant fédéral de Hatha Yoga
Enseignant d’anatomie fonctionnelle de l’appareil locomoteur
Formateur en Yoga thérapeutique
Bibliographie :
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