Neuro-Pédiatrie : Manœuvres de décontraction et mise en allongement des Adducteurs (vidéo)
Fini le temps où l’étirement des adducteurs rimait avec force et pleurs. Lors de la formation «Prise en charge en neuro-pédiatrie et bilan neuromoteur de l’enfant de 0 à 6 ans», Philippe Boullery a partagé une approche résolument pratique et indolore d’allongement et mise en tension des muscles. L’objectif ? Passer d’une prise en charge subie à une solution fluide et efficace pour gagner en amplitude.
Contexte
Dans les pathologies neuro pédiatriques présentant une hypertonie (paralysie cérébrale, hémiplégie infantile…), le thérapeute est régulièrement et rapidement confronté à des problèmes de rétractions musculaires, liées à l’augmentation du tonus musculaire de repos et à la diffusion de contractions musculaires pathologiques lors d’efforts.
La perturbation des automatismes neuromoteurs et des réactions antigravitaires rencontrées dans ce type de pathologies ne fait que renforcer le processus, menant à des attitudes vicieuses pouvant avoir de graves conséquences orthopédiques (équin fixé, luxation de hanche…).
Une bonne installation et un appareillage adapté, associés ou non à l’injection de toxine botulique sont les moyens indispensables au maintien de l’état orthopédique.
Mais le kinésithérapeute a également toute sa place dans la prévention et la surveillance des troubles orthopédiques.
Si les enquêtes récentes ont montré combien les étirements classiques sont mal supportés par nos jeunes patients et de peu d’efficacité (Cf. recommandations de l’HAS dans le cadre de la Paralysie Cérébrale), proposer des exercices de motricité en position d’allongement maximal semble tout à fait opportun.
Et particulièrement au niveau des membres inférieurs, afin de pouvoir travailler dans des conditions optimales, il est possible d’effectuer de façon préparatoire des manœuvres d’allongement et de mise en tension des muscles Adducteurs de hanche.
Deux techniques adaptées en fonction du profil de l’enfant
1. Utilisation des manœuvres de décontraction automatique
Installation : Le praticien est assis au sol, dos calé contre le mur (confort du kiné), l’enfant est assis entre ses jambes, membres inférieurs tendus, en écartement maximal (confort de l’enfant qui peut jouer pendant l’exercice).
Réalisation : En répétant alternativement à droite et à gauche les manœuvres de décontraction automatique, on obtient un relâchement musculaire qui va permettre de gagner en amplitude progressivement, sans effort ni douleur pour le patient. Et ce à chaque manœuvre, jusqu’à l’allongement complet des muscles.
2. Utilisation des réactions antigravitaires
Installation : Le praticien est en chevalier servant derrière un gros ballon de rééducation, l’enfant assis sur le ballon, niché dans le creux du bras du kiné (enroulement et sécurité pour une bonne décontraction globale), une jambe repliée, l’autre tendue en Add maximale.
Réalisation : En basculant l’enfant sur le côté et l’arrière du côté du membre inférieur replié, on obtient une réaction antigravitaire d’équilibration, avec contraction des ABD du côté opposé et donc un relâchement des ADD. Ceci va permettre de les allonger progressivement en répétant la manœuvre plusieurs fois, encore une fois sans effort ni douleur.
Ce type de manœuvres préparatoires doit permettre d’évaluer les possibilités d’allongement des muscles présentant des contractions pathologiques, et de proposer dans un second temps des exercices de motricité, avec un sujet plus décontracté, en utilisant toute sa potentialité.
Ces manœuvres sont à répéter aussi souvent que nécessaire, et particulièrement en cas de diffusion de contractions à l’effort.
Envie d’aller plus loin ?
Cette technique est extraite de la formation «Prise en charge en neuro-pédiatrie et bilan neuromoteur de l’enfant de 0 à 6 ans» dispensée par Philippe Boullery. SSK Formation propose ce cursus complet, éligible aux financements FIFPL/DPC.
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