Performance et Rééducation : Ce qui est (vraiment) surcoté ou sous-coté – Le décryptage sans filtre d’Adrien Blachère – Vidéo de Le Squad de la Performance
Dans un monde de la rééducation et de la performance saturé d’outils technologiques et de modes passagères, il est parfois difficile de distinguer le gadget de l’essentiel. Adrien Blachère, kinésithérapeute du sport et formateur chez SSK Formation, a pris part à un débat passionnant sur la chaîne « Le Squad de la Performance » pour passer au crible les pratiques actuelles sous le prisme du « Surcoté ou Sous-coté ».
Synthèse du débat : Entre mythes et réalités de terrain
Le débat entre Adrien Blachère et ses confrères a permis de remettre « l’église au centre du village » sur plusieurs piliers de la kinésithérapie du sport :
- La hiérarchie de la récupération : Pour Adrien, les outils adjuvants (pistolets de massage, bains froids, bottes de compression) sont largement surcotés s’ils sont utilisés au détriment des bases. La véritable pyramide de la récupération repose sur le sommeil et la nutrition. Un athlète qui préfère une séance de massage à une heure de sommeil supplémentaire fait une erreur de hiérarchisation.
- Les outils de renforcement méconnus : L’isométrie et la pliométrie sont jugées massivement sous-cotées. L’isométrie est un outil merveilleux, sécuritaire et polyvalent (yielding vs overcoming), capable de générer des gains de force max comme de l’endurance. Quant à la pliométrie, elle est souvent mal comprise et sous-exploitée, alors qu’elle constitue un monde complexe et indispensable au développement de la puissance.
- Le dogme des surfaces instables : Le Bosu et autres surfaces instables sont jugés surcotés pour le travail de force ou la rééducation de cheville. Le corps n’a pas le temps de s’adapter à des contraintes extrêmes à haute vitesse sur ces outils, et ils ne permettent pas une production de force optimale.
- L’apport de la technologie pertinente : Le VBT (Velocity Based Training) est considéré comme sous-coté, notamment en réathlétisation. Il permet d’ajuster la charge du jour selon l’état de forme réel du patient (RM du jour) et d’apporter un feedback externe précieux pour l’engagement moteur.
Questions de pratique quotidienne : Le regard de l’expert
Quel rôle la nuance joue-t-elle dans l’évaluation des outils de performance sportive ?
La nuance est la clé pour éviter de stigmatiser ou d’adopter aveuglément une pratique. Par exemple, si les étirements statiques longs sont surcotés pour la performance immédiate, ils retrouvent de l’intérêt pour augmenter la tolérance du système nerveux à la déformation ou pour stimuler le système parasympathique. Comme le souligne Adrien, il s’agit de comprendre pourquoi on utilise un outil et dans quel contexte.
Comment l’individualisation des protocoles transforme-t-elle l’efficacité des soins et de l’entraînement ?
L’individualisation permet de respecter la physiologie changeante de l’athlète, surtout après une blessure. L’utilisation de données comme le VBT ou le suivi du RPE (ressenti de l’effort) permet de stopper une série au moment précis où la vitesse décroît trop, garantissant que le stimulus correspond à l’objectif recherché (force max vs puissance) sans générer de fatigue inutile.
Pourquoi la hiérarchisation des piliers fondamentaux est-elle cruciale pour la progression athlétique ?
Sans fondations solides (force de base, sommeil, nutrition), les outils de « haut de pyramide » n’ont que peu d’effet. Adrien insiste sur le fait que même en sport d’endurance, le travail de force est sous-coté : pousser fort sur une pédale ou sur le sol reste la base de la performance, et cela nécessite des cycles de force spécifique.
À retenir pour votre pratique :
- Priorisez le sommeil et la nutrition avant de proposer des outils de récupération technologiques.
- Redécouvrez l’isométrie : un outil sûr, efficace et extrêmement polyvalent pour la rééducation et la prépa.
- Intégrez le focus externe : donner un but extérieur au mouvement (ex: « pousse le sol ») est plus efficace pour l’apprentissage moteur que des consignes internes.
- Ne négligez pas le cognitif : la réathlétisation doit tendre vers le chaos et la double tâche pour préparer réellement l’athlète aux contraintes du terrain.
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Source de cet article :
- Vidéo : « SURCOTÉ ou SOUS-COTÉ dans le Sport & la Santé ? Débat musclé entre pros du sport et de la santé ! »
- Chaîne : Le Squad de la Performance
- Intervenants : Adrien Blachère, Max et l’hôte du podcast.
- Lien : Accéder à la vidéo originale