Neurodynamique vs Stretching : La science valide une approche innovante pour la flexibilité des muscles ischio-jambiers
En tant que kinésithérapeutes et physiothérapeutes, nous sommes quotidiennement confrontés à la raideur des muscles ischio-jambiers, que ce soit pour la prévention des blessures chez le sportif ou le traitement des lombalgies. Si le stretching statique reste la méthode la plus connue, une récente méta-analyse vient bousculer nos certitudes : les techniques neurodynamiques s’avèrent plus efficaces, particulièrement à court terme.
Comment la neurodynamique influence-t-elle la flexibilité par rapport aux étirements ?
La flexibilité n’est pas qu’une affaire de propriétés viscoélastiques du muscle. Elle dépend aussi de la « tolérance à l’étirement » et de la relation du muscle avec le tissu conjonctif et nerveux adjacent.
Une mécanosensibilité anormale du nerf ischiatique est souvent la cause cachée d’une raideur persistante des muscles ischio-jambiers. Contrairement au stretching qui cible la fibre musculaire, les techniques neurodynamiques (comme le « sliding » ou glissement) mobilisent les nerfs périphériques pour faciliter leur mouvement par rapport aux structures environnantes et diminuer la charge mécanique sur le système nerveux. Cela permet de réduire la sensibilité nerveuse et de modifier la perception de la douleur, levant ainsi la contraction musculaire protectrice.
Quels sont les bénéfices immédiats et à court terme de ces interventions ?
La science est désormais claire : les techniques neurodynamiques améliorent la flexibilité des muscles ischio-jambiers de manière immédiate et durable à court terme.
- Immédiatement : On observe une amélioration significative dès la première séance.
- À court terme : Les études montrent que la neurodynamique est statistiquement plus efficace que le stretching statique pour augmenter l‘amplitude de mouvement (ROM).
Quel rôle joue la mobilisation du système nerveux dans la performance sportive ?
Une bonne flexibilité des muscles ischio-jambiers est corrélée à de meilleurs scores en accélération, sprint, saut vertical et agilité. Elle est également un facteur clé dans la prévention de pathologies telles que la tendinopathie patellaire, le syndrome des ischio-jambiers et les douleurs fémoropatellaires.
L’avantage majeur de la neurodynamique pour le sportif réside dans sa sécurité : alors que le stretching statique aigu peut parfois être associé à une diminution temporaire de la force et de la puissance musculaire maximale, les techniques de glissement neural offrent un gain de mobilité sans ces effets délétères potentiels sur la performance immédiate.
Les preuves en chiffres (Méta-analyse 2025)
Une analyse rigoureuse de 13 essais cliniques randomisés (624 participants) confirme la puissance de l’intervention :
- Efficacité immédiate : Une différence moyenne standardisée (SMD) de 1.01, ce qui représente un effet très fort.
- Efficacité à court terme : Une SMD de 1.21, confirmant la supériorité de la technique dans le temps par rapport au groupe contrôle.
- Dose-réponse : Les protocoles les plus efficaces se situent entre 3, 10 et 12 séances. À noter qu’une fréquence excessive (ex: 42 séances sur 6 semaines) semble moins efficace, possiblement à cause d’une irritation nerveuse.
- Techniques utilisées : 11 études ont privilégié les techniques de neuroglissement (sliders), principalement sur le nerf ischiatique.
Résumé pour votre pratique clinique
Pour optimiser vos résultats sur la souplesse de la chaîne postérieure :
- Intégrez la neurodynamique dès la première séance pour un effet immédiat.
- Privilégiez les techniques de « sliders » (neuroglissements) pour minimiser l’irritation tout en maximisant l’excursion nerveuse.
- Considérez la neurodynamique comme un choix de première intention, supérieure au stretching seul pour regagner de l’amplitude à court terme.
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Source :
Núñez de Arenas-Arroyo S, Martínez-Vizcaíno V, Torres-Costoso A, Reina-Gutiérrez S, Bizzozero-Peroni B, Cavero-Redondo I (2025). Immediate and short-term effects of neurodynamic techniques on hamstring flexibility: A systematic review with meta-analysis. PLoS ONE 20(2): e0318671. Lien vers l’étude.