Podcast avec Véronique De Laere – Fascias : Le « Maillon Manquant » de votre Pratique Kiné ?
Longtemps considérés comme de simples tissus d’emballage, les fascias s’imposent aujourd’hui comme un levier thérapeutique incontournable. Dans un podcast récent, Cyril Castaldo, directeur de SSK Formation, a interrogé Véronique De Laere, référence dans le domaine, pour lever le voile sur cette pratique qui transforme la prise en charge quotidienne en kinésithérapie.
Synthèse du Podcast : Ce qu’il fallait retenir
L’échange entre Cyril Castaldo et Véronique De Laere a permis de balayer l’évolution de la compréhension des fascias et leur application concrète en cabinet :
- Un tissu longtemps délaissé : Faute de moyens d’imagerie et de marqueurs biologiques suffisants avant les années 2010, le tissu conjonctif a été ignoré. Aujourd’hui, la science confirme son rôle fondamental.
- Le pouvoir des neurorécepteurs : Les fascias sont saturés de neurorécepteurs (proprioception, nociception, mécanoréception). En stimulant ces récepteurs sans douleur, le kinésithérapeute peut réduire la nociception et augmenter la perception normale.
- Action sur le système nerveux : Le traitement des fascias permet de rééquilibrer le système nerveux neurovégétatif.
- La notion de turnover : Le tissu conjonctif n’est pas figé. Le réseau de collagène et la matrice extracellulaire se renouvellent constamment (en moyenne en une semaine pour la matrice, si le patient bouge et s’hydrate), permettant une véritable régénérescence.
- L’approche pluridisciplinaire : La santé des tissus est intimement liée au mode de vie, notamment au stress et à l’acidose, nécessitant parfois une collaboration avec d’autres professionnels (psychologues, etc.).
- L’intégration dans la pratique : La thérapie des fascias ne remplace pas vos techniques, elle s’y intègre via l’utilisation de vos mains, de crochets ou de techniques de trust.
Questions de Kinés : Comprendre l’impact sur votre pratique quotidienne
Qu’est-ce que les fascias et quel est leur rôle ?
Les fascias représentent l’ensemble des tissus conjonctifs. C’est un tissu fondamental possédant des compétences multiples : proprioception, mécanoréception (perception du chaud/froid) et nociception. Ils servent de vecteur aux neurorécepteurs disséminés dans tout le corps.
Quelles sont les « compétences » des fascias ?
Outre leur rôle de soutien, ils ont une fonction neuroréceptive majeure. Ils affinent la proprioception, ce qui permet une meilleure coordination et une diminution des surcharges du système locomoteur grâce à des gestes totalement adaptés.
Comment le stress et l’acidose influencent-ils la santé des tissus ?
Le stress, très présent dans notre société, provoque une acidose. Cette acidose nuit à la qualité de l’environnement tissulaire. Pour une prise en charge efficace, il faut veiller à ce que le patient évite cet état, notamment par le mouvement et l’hydratation, pour favoriser un bon renouvellement de la matrice extracellulaire.
Quels bénéfices remarque-t-on sur le patient quand on traite les fascias ?
On observe principalement un effet antalgique immédiat : plus la perception normale augmente par la stimulation, plus la nociception diminue. On note également une amélioration de la coordination et une réduction des micro et macrotraumatismes. Enfin, cela stimule la régénérescence tissulaire de façon fonctionnelle.
Une dysfonction peut-elle être traitée pour retrouver l’intégralité de la fonction ?
Oui. Grâce au renouvellement (turnover) des fibres de collagène et de la matrice, une restauration est possible, parfois même à l’identique. Le tissu conjonctif est à l’origine de la régénérescence après un traumatisme ou un état inflammatoire.
Quelles techniques et outils permettent de stimuler les fascias ?
Vous pouvez utiliser ce que vous maîtrisez déjà en l’adaptant :
- Les mains et les doigts pour des stimulations douces.
- Le crochetage (manipulatif, grattage, vibration, ponçage).
- Les techniques de trust (manipulations) qui stimulent notamment les corpuscules de Pacini.
- L’outil instrumental : Vibromassage ou même des conseils d’auto-traitement simples (comme utiliser le dos d’une brosse à dents).
Dans quels cas traiter avec les fascias ?
Dès que vous cherchez un effet antalgique, une amélioration de la mobilité ou de la perception. Un exemple concret est le désordre temporo-mandibulaire : stimuler l’aponévrose massétérine permet au patient de mieux percevoir son articulation et de mieux la mobiliser pour la parole ou la vie quotidienne.
Les points clés à retenir pour votre pratique
- Priorité à la non-douleur : Stimuler les fascias en mode non douloureux réduit la douleur (analgésie par compétition sensorielle).
- Visez la proprioception : Un fascia bien traité, c’est une meilleure coordination et moins de récidives de blessures.
- Le mouvement est vital : Le renouvellement des tissus (collagène, matrice) dépend du mouvement et de l’hydratation du patient.
- Approche globale : Prenez en compte le stress et l’acidose qui peuvent freiner la guérison tissulaire.
- Complémentarité : N’abandonnez pas vos outils (crochets, trusts), intégrez-les simplement dans une lecture « fasciale ».
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