Maîtriser le massage endobuccal : protocole de détente et de rééducation oro-maxillo-faciale en phase flasque – Par Frédéric Xavier
Dans le cadre de la formation en rééducation oro-maxillo-faciale dispensée par Frédéric Xavier-Chouin, l’accent est mis sur une approche rigoureuse et précise visant à traiter les déséquilibres musculaires faciaux.
Aujourd’hui, il vous explique une technique très utile en rééducation des paralysies faciales : le massage intra-buccal, c’est-à-dire un massage réalisé à l’intérieur de la bouche, sur la joue et parfois sur la lèvre.
L’objectif est simple : améliorer la souplesse des tissus, diminuer les sensations de tiraillement, et surtout aider le visage à retrouver une meilleure qualité de mouvement.
Mais il y a un point fondamental à comprendre : ce n’est pas la force qui fait l’efficacité, c’est la technique. Et cette technique ne se dose pas de la même manière selon la phase de la paralysie.
Phase 1 : la période flasque
En période flasque, le visage est plutôt “mou”, hypotonique. Ici, le but n’est pas de “forcer” pour réveiller le muscle. Au contraire : on cherche surtout le confort et le glissement des tissus.
La règle est très simple : la pression doit être très légère. Zéro douleur. On est sur un inconfort maximal de 0 à 1 sur 10.
La technique : des glissements lents, très doux, à l’intérieur de la joue, parfois en “sandwich” avec une main à l’extérieur de la joue et un doigt à l’intérieur. On ne tire pas sur la commissure, on ne fait pas de frictions rapides. C’est un travail apaisant, qui prépare le terrain.
Phase 2 : la période séquellaire
En période séquellaire, c’est souvent l’inverse : le visage devient plus “dur”, plus raide. On peut voir apparaître de l’hypertonie, des tensions autour de la commissure, et parfois des synkinésies, c’est-à-dire des co-contractions involontaires.
Ici, le massage sert à faire lâcher la raideur, mais toujours sans violence. La pression est modérée, avec un inconfort autour de 2 à 3 sur 10 maximum. Si on appuie trop, le corps se défend… et la tension augmente.
La technique la plus efficace repose sur deux mots : lenteur et maintien. On peut faireune compression douce “sandwich” sur le buccinateur, puis unglissement très lent. Ou bien une pression fixe sur une zone tendue, maintenue 20 à 60 secondes, en demandant au patient d’expirer lentement et de relâcher la mâchoire. C’est souvent le temps qui provoque le “lâcher”, pas la force.
Et point important : juste après ce relâchement, on termine par quelques mouvements très simples, de faible amplitude, sans grimace, pour réapprendre au visage à bouger proprement.
Conclusion
Si vous retenez une phrase : en phase flasque, c’est très doux ; en phase séquellaire, c’est lent et tenu, jamais forcé.
Aller plus loin en rééducation maxillo-faciale
Cet article est un extrait des nombreuses techniques enseignées en rééducation oro-maxillo-faciale (éligible FIFPL/DPC, référencée par le SIKLOMF et permettant d’obtenir la spécificité du CNOMK).
Pour approfondir ces protocoles, maîtriser les gestes précis et intégrer l’ensemble des stratégies thérapeutiques, il est possible de rejoindre la formation complète dispensée par Frédéric Xavier.